7. Les grimpeurs (Height Climbers)


En avril 1917, le premier de ceux que les Anglais appelleraient  Height Climbers (les grimpeurs) fut opérationnel. La caractéristique essentielle de ces dirigeables résidait dans un allégement  structurel  et la suppression de tout équipement non indispensable, y compris ceux assurant un minimum de confort à l'équipage. Ces nouveaux dirigeables grimpaient à des altitudes incroyables et encore jamais atteintes auparavant. Les thermomètres gelaient, les compas se bloquaient, et pis encore les moteurs s'étouffaient. De nouveaux moteurs, équipés de compresseurs pour une utilisation au dessus de 5000 m, furent mis au point.  Bientôt les grimpeurs naviguaient à des altitudes supérieures à 6000 m, rendant tout à coup obsolète tout système de défense britannique, les chasseurs britanniques ne dépassaient pas encore les 4000 m.

Les allemands durent revoir les mesures nécessaires pour protéger leurs hommes soumis aux effets des vols en altitude, au manque d'oxygène et au froid extrême. Respirer par un tuyau, si cela était loin d’être valorisant pour l’image des aérostiers, leurs principales réticence était du aux malaises provoquaient les impuretés dans contenu dans les bouteilles d’oxygène. Finalement l'air liquide se révéla être la bonne solution. Entre temps nombre de dirigeables avaient été perdus par ignorance des exigences du vol à hautes altitudes. Les équipages souffraient également du froid, pour s'en protéger ils utilisaient une vielle astuce consistant à glisser des pages de papier journaux sous leurs combinaisons de vol et dans leur botte. Mais cela ne les protégeaient  pas toujours suffisamment du froid, surtout aux extrémités des membres et pouvaient souffrir d'engelure.


combinaison

Une combinaison chaude était indispensable pour les vols en altitude dans des nacelles non chauffé.

Quant tout les problèmes physiologiqueet techniques furent résolus, il restait encore un adversaire devant lequel Strasser n'avait aucun recours : le mauvais temps. Si les prévisions météos étaient parfois hasardeuses aux anciennes altitudes opérationnelles, en haute altitude, les vents étaient parfois si violents qu'ils rendaient les vols impossibles. De plus les grimpeurs, ayant une structure allégée, étaient vulnérables aux contraintes et aux charges provoquées par les turbulences extrêmes. Finalement, si l'on considère les rares fois où des grimpeurs réussirent à atteindre les îles Britanniques, ils trouvèrent rarement leurs objectifs.

La navigation par radioguidage pouvait donner une position approximative, mais ne pouvant observer les détailles au sol que pouvaient espérer leur commandants ? L'avantage tactique que représentait l'altitude était complètement neutralisé par l'incapacité des dirigeables à fonctionner efficacement à ces grandes altitudes.

zeppelin L44
- le L44 (lz93)-

Chaque nouvelle génération de grimpeurs surpassé la précédente : grimpant plus haut, plus rapide, plus léger. Tous étaient enduits de peinture noire, recouvrant soit la partie inférieure soit la totalité de l'enveloppe, pour échapper aux projecteurs de DCA.

 

Peter Strasser n'était pas homme à admettre une défaite aussi facilement. A la fin du printemps et de l'été 1917, il continua à envoyer des escadres de grimpeurs au-dessus de l'Angleterre et à enregistrer encore plus de pertes. Son entêtement dans l'erreur, sera mis en évidence par le raid qu'il autorisa à la mi-juin 1917 (durant les nuits les plus courtes de l'année); sans oublier le raid le plus désastreux de l'histoire de la division qui se solda par la perte de cinq dirigeables ( cf raid sur l'Angleterre dans la nuit du 19 octobre 1917).

L'hiver 1917/1918, n'apporta pas le repos escompté, puisque une nouvelle catastrophe vient s'ajouter. Le 5 janvier 1918, une explosion se produisit dans l'un des hangars sur la base d'Ahlhorn, provoquant une série d'explosion détruisant au total cinq dirigeables et quatre hangars. Les pertes furent importantes, et les hangars ne purent être reconstruit avant la fin du conflit.

Après cette catastrophique campagne, une nouvelle était prévue pour le printemps 1918. Et comme les précédentes années Strasser s’obstina dans son erreur, et en la croyance que de nouvelles séries de dirigeables pouvait faire pencher la balance en leurs faveurs. L’histoire semblait une fois de plus se répéter.

 

 
- top -