3. 1914, première année de guerre.

 

Une arme en devenir :

L'Amirauté allemande réalisa rapidement l'avantage d'avoir sa disposition des dirigeables à longs rayons d'action pour effectuer des reconnaissances lointaines. La flotte avait prévue dans cette perspective des croiseurs légers  et destroyers, mais rien de maniable pour patouiller prés des côtes. Alors que le coût d'un dirigeable ne représentait qu'une petite fraction de celui d'un croiseur et que sa construction ne prenait que 6 semaines contre 2 ans, le dirigeable sembla être la solution aux problèmes. Ils pouvaient effectuer aussi bien des reconnaissances à long distance, ou le long des côtes lors de longues patrouilles. Les grands dirigeables devinrent donc une priorité (délaissant également  les dirigeables souples ou semi-rigides à l’autonomie plus réduite). La première flotte ne fut opérationnelle qu'au début de l'année 1915. .

Du coté de l'Armée les choses sont bien différentes. Les missions de reconnaissance au dessus des troupes ennemies de jour sont jugés bien trop dangereuses pour les géants airs. Par contre il serait dommage de se passer de cette force de frappe pour bombarder de nuits les installations ennemies. Au début de la guerre l'Armée aligne déjà un dizaine de dirigeable rigide réparti sur plusieurs bases, sur le front Ouest et Est. Des moyens énormes en comparaison des moyens de la Marine qui dispose d’un seul dirigeable, le L3, et d'une seule base.

L24 sortant du hangar Toska (Tonder)
Le L24 sort de sa tanière. La scène se passe vraisemblablement à Tønder en 1915.

Ces dirigeables ne sont que des versions civiles améliorées (voir des dirigeables civils reconvertis), les bombes sont par exemple des obus d'artillerie modifiés (les bombes aériennes n'apparaitront qu'en 1915), il n'existe aucun instrument de visé, ni réel de doctrine d'emploi,  que se soit comme bombardier ou la reconnaissance. Si la marine fait plusieurs exercices, cela reste du domaine de l'expérimentation. En réalité cette impréparation vient du fait de la nouveauté de l'arme, l'aviation rencontrera les mêmes difficultés. Pour l’une comme pour l’autre, tout est à inventer, chacune devant prouver sa capacité au combat.

Les Britanniques avant 1914, avaient déjà imaginés déjà les pires scénarios de bombardement de Londres et des villes anglaises. De débarquement de troupe et de soldat depuis les airs (par avions et par dirigeable) C'est vrai que la guerre aérienne chamboule les esprits. Pour la première fois depuis la tentative de l'Invincible Armada (en 1588), les britanniques ressentent le danger. Leurs îles, qui n'en sont plus tout à fait,  ne peuvent leur assuré la sécurité. Le danger en venant du ciel peuvent maintenant les frapper où qu’ils soient.

En réalité les britannique, surestime grandement la capacité des dirigeables allemands. L'Armée et la Marine allemande manquent de matériels adaptés, et ne manquent pas de le signaler auprès de la firme Zeppelin et des différents ministères. Cette demande aussi soudaine que massive transforme radicalement l'affaire de familiale du comte Von Zeppelin. L’entreprise est directement placée sous contrôle de l’état. De nouveaux ingénieurs et de spécialistes rejoignent l'équipe du bureau d'études, dont le Dr Paul Jaray, un expert autrichien en aérodynamique qui améliora grandement le profil de la carène, et le Dr Karl Arnstein qui développa les premiers tests de charges adaptés ces engins. De nouveaux hangars sont construits à Friedrichshafen et une unité de montage est installée dans le hangar de la DELAG, à Postdam (au Sud de Berlin). Cette unité de montage sera bientôt déplacée à Staaken, ville voisine, et deviendra une usine très productive, avec un hangar central d'assemblage où est montée la structure (anneaux principaux et longerons). Le dirigeable est ensuite terminé dans l’un des deux autres hangars. Ce travail à la chaine permettra d’augmenté considérablement la cadence. Entre 1915 et 1917, au plus fort de la production, la compagnie Zeppelin produira deux dirigeables par mois, que la Marine et l'Armée se partagera.

La production d'hydrogène.

Mais pour d’un dirigeable puisse s’élever, il lui faut de l’hydrogène. Gaz hautement inflammable, sa production et son stockage doivent être soigneusement étudiés. Pour ne rien arranger, il en faut une quantité astronomique pour rendre les zeppelins opérationnels. En 1914 25000 m3 sont nécessaires pour rendre opérationnel un seul zeppelin. A la fin de la guerre il en faudra plus du double. On comprend alors la nécessité de construire des usines à proximité des bases (les hangars sont directement raccordés), et d'améliorer des voies de communication (par le rail) pour pallier tout problème de production. (Manipuler l’hydrogène n’est pas sans risque et réduire sa manipulation est un facteur important pour limiter les accidents).

usine de production d'hydrogene
Centre de production d'hydrogène situé à Tønder (actuellement au Danemark).

Celle-ci était située à plus de 600 m des hangars pour éviter la propagation d'un incendie à l'ensemble de la base en cas d'incident.  Pour faire le plein des conduites de gaz reliaient les réservoirs aux différents hangars

base dirigeables de Tonder

La Base de la Marine à Tønder. Avec le double hangar "Toska "en haut à droite (construit en 1917) et ses deux petits ferres sa droite TONI et TOBIAS. (TO pour TOnder) à gauche.

 

hangar toska (Tonder)
Le double hangar nommé TOSKA (construit en 1917) ).
http://www.zeppelin-museum.dk

Bombardement des villes

Durant l'année 1914, la Marine et l'Armée mènent leurs actions distinctement. Si la Marine, envoie régulièrement ses zeppelins en reconnaissance le long des côtes et en mer du Nord et surveille étroitement les  bases de la marine de haute mer dans la baie de jade et le canal de Kiel. L'Armée, elle, bombarde de nuit les gares, les docks, et les ports et toutes infrastructures militaires ennemis. Les civils, s’ils ne sont pas directement visés, seront les principales victimes de ces bombardements. Si au début les allemands parlent d’erreur, le discours au fil du temps changera radicalement. Chaque bombardement répondant à une représailles (français et britannique n’hésiteront pas à bombarder les villes allemandes). Pour finir par des bombardements de terreur.

Anvers est bombardé dès la nuit du 24/25 Août 1914 par 6 dirigeables (avec tout les zeppelins disponible). Si les civils ne sont pas directement visés, c'est pourtant eux qui seront les plus durement touchés, puisqu'une bombe tombera sur un hôpital tuant 12 femmes et enfants. Le 29 Août c'est la Pologne et la ville de Mława qui est visé par un zeppelin (23 civils sont tués). Anvers est de nouveau bombardé le 2 septembre 1914. Le 28 septembre Varsovie. Le 9 décembre elle est bombardée une seconde fois (90 morts et 50 blessés). Le 25 décembre, le jour de noël c'est au tour Nancy (2 morts). Londres jusqu’alors semble épargné.

 

bombardement anvers
Anvers sous les bombes

Au début du conflit, le Kaiser tiens en ses principes de combat entre nations chrétiennes. Le bombardement de la capitale de son cousin George V ne correspondait pas l'idée de courtoisie que se faisait Guillaume II de la guerre, celle-ci est donc préservé des bombardements. Son état-major, placé face aux faits que l'Empire britannique et ses alliés encerclent l’Allemagne par un blocus maritime et continentale, pousse Guillaume II vers une guerre totale. (Navale et aérienne sans restriction). Mais l'empereur hésite, pour finalement céder. Il autorise la guerre sous marine sans restriction en janvier 1915.  Mais dans les airs, l’interdiction n’est que partiellement levé. Au quartier général de Peter Strasser à Nordholz, la nouvelle est reçue avec jubilation. En deux phrases, le Kaiser vient d’autoriser le lancement d’une bataille aérienne qui durera prés quatre ans contre l’Angleterre.
"Les attaques ariennes sur l'Angleterre approuvés par le chef suprême des armées. Objectif Londres interdit, porter coups sur les docks et les installations militaires dans la partie basse de la Tamise et sur les côtes." Strasser va enfin mener ses dirigeables de manière offensive.


carte postale zeppelin gott strafe england

Au début de la guerre, le public allemand vantait les performances des zeppelins, sentiment encouragé par la propagande, comme le montre cette carte postale portant l'inscription :"GOTT STRAFE ENGLAND" Que l'on peut traduire par : QUE DIEU PUNISSE L'ANGLETERRE

Perte de l'Armée

Mais la guerre est loin d'être une carte postale. Si ces six premiers mois de guerre sont riche d'enseignement, l'Armée qui a supporté le poids de l'offensive, si elle en ressort avec énormément de prestige, n'en a pas moins souffert puisque elle a perdu huit ses dix dirigeables.

  • 13 juin 1914 : Le LZ-19 (Z.I) est gravement endommagé lors d’une tempête. Il ne sera jamais remis en état.
  • 6 août 1914 : Le LZ-21 (Z.VI) est endommagé à basse altitude, lors du bombardement sur Liège. Il tente de rejoindre Cologne mais son arrière s'abaisse dangereusement. Il s’abat dans une forêt près de Bonn, provoquant sa destruction.
  • 14 août 1914 : Le lieutenant aviateur français Cesari et le caporal Prudhommeau attaquent les hangars à Zeppelin sur le terrain de Metz-Frescaty. Leurs bombes mettent le feu à la structure, détruisant le LZ-9 (Z. II second du nom) et le LZ-12 (Z.III), alors que les deux zeppelins jugés obsolètes, viennent d’être réformés par l’Armée.
  • 21 août 1914 : Les Zeppelins LZ-22 (Z. VII) et LZ-23 (Z.VIII) sont abattus par le feu de l’infanterie et de l’artillerie Françaises, durant une reconnaissance au-dessus de l’Alsace. Le LZ-22 est forcé d’atterrir en Lorraine, près de St Quirin.
    Le LZ-23 est atteint par des projectiles d'une batterie de 75mm du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale, au dessus de Badonviller. Il doit se poser d’urgence derrières les lignes françaises, au lieu dit « Les Colins ». L’équipage ne parvient pas à l’incendier et 4 hommes seront fait prisonniers.
  • 06 septembre 1914 : Pendant la bataille de Tannenberg, le LZ-20 (Z.V) dirigé par le commandant Lohmüller est abattu par l’artillerie russe. Il atterrit à Mlawa (dans l'actuelle Pologne) et son équipage est fait prisonnier alors qu’il tente de mettre le feu au dirigeable endommagé.
  • 8 octobre 1914 : Le LZ-25 (Z.XI) qui a déjà mené des missions de bombardement dans le Nord de la France est détruit dans son hangar (à Düsseldorf) par une bombe britannique larguée par le Sopwith Tabloïd du Flight Lieutenant Reginald Marix (RNAS). Il Le Z.XI était le dernier Zeppelin produit avant guerre.

http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/premiere/zeppelin2/Dossiers.htm

Pour compenser ses pertes, l'armée ne recevra que trois nouveaux dirigeables, portant ses effectifs à la fin de l’année 1914 à cinq zeppelins. Soit moitié moins qu'au début du conflit.

Les opérations de la Division Navale.


Sur mer, ces premiers mois de guerre se caractérisent  par une sorte de guérilla, où de petites unités (destroyers et croiseurs légers) vont s'affronter lors de raid éclair. Les deux grandes flottes constituées de croiseurs lourds restent quant à elle à l'abri dans leurs ports respectifs. A Scapa Flow pour la Home Fleet et dans la Baie de Jade pour la Hochseeflotte.

La Royal Navy va ainsi exécuter un raid le 28 Aout 1914, aux abords de l'ile Héligolande. Une flottille, la Harwich Force, constituée d'une trentaine de destroyers et de deux croiseurs légers, se faufile de nuit dans le dispositif allemand pour surprendre aux premières lueurs de l'aube les patrouilles de destroyers et de torpilleurs allemands inferieur en nombre. Le combat est violent et confus. Mais les allemands réagissent rapidement en envoyant plusieurs croiseurs légers. L’avantage numérique est alors dans leur camp. Mais c'est un piège. La Harwich Force est en réalité en pointe d'une flotte bien plus important, constitué de les croiseurs légers du vice amiral Beatty. D'un tempérament fonceur, Beatty lance ses croiseurs contre leurs homologues allemands. Totalement débordé par le nombre, les allemands tentent de se replier, mais dans la confusion, plusieurs sont endommagés. Isolés ils sont impitoyablement coulés. La marine allemande accuse la perte de trois croiseurs légers et d’un torpilleur. (Sans compter les navires endommagés). La Royal Navy ne perdra aucun navire. C'est un sévère camouflé pour la marine allemande.

Suite à cet affrontement la Division des aérostats est sévèrement critiquée pour ne pas avoir détectée la présence de l’ennemi. De fait, les patrouilles des dirigeables étant effectuées de jour, (ils décollaient à l'aube pour rentré à la base au couché du soleil), elle se trouva bien incapable de repérer la Harwich Force. Cette erreur était essentiellement dut à une faille dans le dispositif allemand, plus qu’une faute de la part de la section des dirigeables. La seconde critique réside dans sont incapacité à repérer la seconde flotte de soutient, constituée des croiseurs du Vice-amiral Beatty. Il faut bien l'avoué qu'a cette date, la division des dirigeables n'aligne qu'un seul et unique dirigeable, le L3, et que celui-ci ne pouvait à lui seul couvrir une zone aussi vaste. Basé à Fuhlsbüttel, prés de Hambourg, et à plus de 80 Km de Cuxhaven et de sa futur base, il mettra plusieurs heures pour arriver sur les lieux.

zeppelin de la marine le L3

Le L3, le seul et unique zeppelin en service au début de la guerre dans la marine allemande.

Ce premier affrontement avec la Royal Navy a un goût amer pour la division des dirigeables. Manquant encore d'effectif et d'appareil son action ne peut être que ponctuelle. Pourtant loin de jeter l'éponge, Strasser ordonne et exige de sortir le plus souvent possibles, toute occasion est bonne pour monter les couleurs. Reconnaissance le long de la côte hollandaise et en Mer du Nord. Lorsque la flotte décide d'exécuter un raid le long des côtes anglaises, le L3 y participe comme éclaireur pour le raid sur Great Yarmouth. Le 3 novembre. D'autre raid seront également lancés le 15 et 16 décembre 1914 contre Scarborough, Hartlepool et Whitby. Mais les zeppelins n'y participeront pas.

La flotte de dirigeable s’étoffe peu à peu, en cette fin d'année la marine peut compter sur la livraison de cinq nouveaux dirigeables : L4 (Lz27), L5 (Lz28), L6 (Lz31), L7(Lz32) et L8 (Lz33). De nouvelles basses et de nouveaux hangars sortent progressivement de terre. La base de Nordholz, QG de la division, est enfin opérationnelle. En plus des bâtiments administratifs, des casernements, et de l'usine d’hydrogène, trône au centre du terrain un double hangar tournant capable d'accueillir deux dirigeables simultanément.

 

Nordholz : hangar double rotatif

Hangar double rotatif de Nordholz, d'un poids de 400 tonnes il était capable d'effectuer une révolution complète en une heure. Les extrémités claires sur la gauche ne seront réalisé que plus tard pour accueillir des dirigeables de plus grande dimension.

Mais la Royal Navy reste à l'affut, et voyant d'un mauvais œil l'apparition de la nouvelle base de dirigeable, décide d'une frappe préventive avant que les zeppelins de la marine entament leur montée en puissance. Le raid repose sur la vitesse d'exécution et la discrétion. La flottille Harwich, doit escorter plusieurs porte-hydravions qui doivent se positionner loin des côtes, mais à portée des hydravions pour que ceux-ci puissent  bombarder la base de Nordholz (prioritairement les hangars et l'usine d'hydrogène), de provoquer me maximum de dégâts pour revenir ensuite se poser au plus prés des porte-hydravions pour y être remorqué. Cette dernière opération effectuée, les portes-hydravions doivent se replier avec la flottille Harwich toujours en couverture. L'opération est risquée, car durant le raid des hydravions, la flottille d'Harwich doit rester sur place, au risque de se faire repérer. En cas de rencontre avec une des destroyers ou des croiseurs légers, la récupération des hydravions sera impossible. C’est donc dans un pari risqué que s'engage la Royal Navy.

Raid de noël sur Cuxhaven.

 

hms Empress

HMS Empress
Source Wikipedia

L'opération est successivement reportée en octobre, en novembre, puis remise à la fin décembre en raison de mauvaise condition météorologique. Lorsque le raid est enfin lancé, les britanniques ignorent que leur petite escadre (13 navires : deux croiseurs légers, 8 destroyers et 3 portes-hydravions : Engadine, Riviera et l'Empress) a été repérée en Mer du Nord, et au point de lancement des hydravions par des sous-marins allemands. Une fois les hydravions lancés ils sont harcelés par deux zeppelins et plusieurs hydravions allemands. Craignant pour leur sécurité et l'intervention de croiseur de bataille allemand, la flottille Harwich préfère rebrousser chemin et abandonner les hydravions. Les équipages seront évacués par sous-marin. (Une dizaine était repositionnée sur zone).
De sont coté l'attaque des hydravions est un fiasco, perdu dans le brouillard et harcelé par les canons de DCA, six des sept hydravions font demi tours après avoir largué leurs bombes au hasard. Un seul d'entre eux trouvera la base de NordHolz. Mais celle-ci est en état d'alerte. Et lorsque l’infortuné la survole il est copieusement arrosé par les mitrailleuses. L'intrus largue ses bombes au petit bonheur la chance sans faire de dégâts. Sévèrement endommagé l'hydravion coulera en mer, mais l'équipage sera sauver par un caboteur hollandais.

von Buttlar
fichier PDF
Extrait du livre de H. von Buttlar
"Les zeppelins au combat"
Raid sur Nordholz le jour de Noël 1914

 

Stasser est satisfait, ses dirigeables ont fait preuve de pugnacité, et tous sont rentrés à la base, l'affront du 28 aout 1914 est lavé. Le chef des dirigeables est malgré tout conscient que le principal allié dans cette bataille fut la météo  qui joua en leur faveur. Ce raid est plus un échec des britanniques qu’une victoire allemande.

Ce raid aura pourtant de multiples répercussions. Les allemands savent que le danger peut venir de loin. Si Nordholz est hors de porté des avions depuis le sol français, la démonstration des britanniques est un signe à ne pas négliger.
Pour protéger les bases de dirigeable Straseer ordonne toute une série de chantiers. Les hangars visibles à des kilomètres à la ronde, brillant sous l'éclat du soleil, devront être peints et camouflés. La défense des terrains devra être renforcée par des batteries de 88mm et de 37mm (rien à voir avec ceux de la seconde guerre mondiale) et de mitrailleuses. Chaque terrain accueillera ou sera couverte par une escadrille de protections (équipé de chasseur terrestre et non par d'hydravion, jugé moins performant).

defense anti-aérienne

C'est donc avec une chance insolente que la marine termine cette première campagne de cinq mois sans perte. A plusieurs occasion cela aurait pu se terminé de manière dramatique, puisque plus d'un zeppelin sera endommagé, que se soit par le fait de tir de navires ennemis, de batterie côtière neutre, ou de tirs amis. Sans compter les incidents mécaniques, et les caprices de la météo. Pour l'anecdote, le 21 novembre1914, le L7 alors en fin de construction à Friedrichshafen échappera de peu lorsqu’ une bombe traverse une fenêtre du hangar sans exploser.

Strasser prépare, non sans excès de confiance, sa campagne contre l'Angleterre pour l'année 1915. Il est vrai que les dirigeables de la Marine, au cours de ces cinq mois ont su au fil des missions montrer leurs capacités et leur combativité. En pleine courbe ascensionnel, la marine tient a ne pas en rester là. Si elle aligne six dirigeables à la fin de l'année 1914, l'année 1915, est pas moins prometteuse, car de nouvelles bases vont pouvoir être bientôt opérationnelle et accueillir de nouveaux zeppelins qui offrent une réelle amélioration comparé aux dirigeables alors en service. Si les L3 à L8 étaient du type m2 (des les versions civiles militarisées), leurs successeurs, les versions O et P seront de véritable version militaire comportant de nombreuse évolutions (carénage, aérodynamisme, empennage cruciforme, charge utile augmenté, nacelles fermées,  motorisation et un plafond supérieur). Avec ses nouveaux dirigeables, Strasser ne doute pas de mettre a genoux la perfide Albion.
Mais celle-ci est loin d’avoir déposer les armes. Les britanniques, s'ils n’ont pas détruit la flotte de dirigeables allemands n’en a pas moins porté des coups sévères (cf les pertes de dirigeables allemands).

sources :

- Zeppelin L3
http://www.zeppelin-museum.dk/main.php?lang=en&page=airships&id=l-3

- Bataille d'Héligoland : 28 Aout 1914
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Heligoland_Bight_%281914%29

- Raid sur Cuxhaven :
http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/premiere/cuxhaven/Dossiers.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/HMS_Empress_%281914%29

 
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