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pertes des zeppelins L3 et L4

Les premières pertes de la marine allemande


La perte du L3 et L4

16 février 1915, pour aider le cargo "Rubens", qui doit rallier la colonie allemande d'Afrique de l'Est et forcer le blocus en Mer du Nord, une mission de reconnaissance est programmée pour le lendemain 17 février. Deux zeppelins doivent évaluer le danger sur différentes routes, et indiquer quel chemin prendre pour éviter les patrouilles alliées. La météo est mauvaise, et pour effectuer cette mission, Strasser met sur le coup deux de ses meilleurs commandants : Fritz (commandant du L3) et von Platen (L4). Le décollage prévu pour 4h du matin depuis la base de Fuhlsbüttel. Direction le nord, les côtes danoise,le détroit de Skagerrak, la Mer du Nord et les côtes norvégienne.

 

le Rubens
Le Rubens, qui doit ravitailler les troupes en Afrique Orientale


Peut de temps après sont décollage, le L3 est victime d’une panne de moteur, mais il continue la route.  A 8h40, alors qu’il se trouve à 35 miles à l’Ouest de Lyngvig, soit à plus de 200 miles de sa base, il informe sa base qu’il fait demi-tour
De son côté, le L4 pousse plus en avant, et arrive en vue de la ville norvégienne de Christiansand. Aucune présence de l’ennemi n’est a signaler que se soit dans le détroit de Skagerrak, et le long des côtes danoise, où dans les fjords norvégiens. Vers 9h45, Le L4 reprend donc le chemin de la base à 360 miles plus au sud. Mais la route promet d’être longue puisqu’il se retrouve maintenant avec le vent de face.

 A 12h59, le L3 déjà handicapé par la perte d’un moteur, demande par radio qu’un destroyer  se porte en avant pour le remorquer. Le commandant Fritz est conscient le destroyer n’arrivera  pas avant la tomber de la nuit (tombant rapidement en cette saison), pourtant il continue sa route plein Sud. Il aura le temps que de parcourir une trantaine de miles avant qu'un second moteur tombe en panne.
Pour le L3 c’est fini. Ne pouvant luter contre le vent avec un seul moteur, le commandant Fritz tente de se poser sur les côtes danoises. L’opération est difficile, sans équipe au sol, le zeppelin ne peut être tiré sur celui-ci en toute sécurité. Il doit s’alourdir en laissant échapper de l’hydrogène et en jouant sur les ballasts pour remonter si la chute est trop rapide. S’il est trop léger au moment à l’atterrissage, le dirigeable risque de reprendre l’air alors que l’équipage n’ait eu le temps de l’évacuer intégralement. Le risque est réel et ce type d’accident se répétera à plusieurs reprises au cours de la guerre (cf L50).
Le L3 une fois au dessus aux abords de l’île de Fanö commence sa manœuvre. Poussé par les vents et avec un seul moteur, le dirigeable ressemble à un énorme ballon libre. Il faut descendre rapidement avant de dépasser l’île et se crasher en mer. Où l’eau froide et l’équipement lourd des hommes d’équipages réduiront d’autant leur chance de survie.
Le ballon alourdi descend et touche le sol vers 17h45. Le choc est brutal, mais à bord personne n’est blessé. Mais pas le temps de discutailler. Les hommes évacuent le dirigeable. Mais le L3 reste au sol. Ne disposant d’aucun abri, le L3 est condamné. Mais Fritz n’est pas décidé à  le livrer au danois. Il détruit tout les documents de bord et ordonné de mettre le feu au L3. Les 16 hommes seront plus tard capturés par les danois.

fin du zeppelin L3

l'épave du L3


De son côté, le L4 n’est pas non plus épargné.  A 17h25, un signal est reçu comme quoi l’équipage vient de perdre un moteur. Le scenario que vient de vivre le L3 se répète.  18h30 un second message tombe. Un second moteur est hors service, le L4 est dans l’incapacité de continuer sa progression avec l’unique moteur en état de marche (celui de la nacelle avant). von Platen, tout comme Fritz tente d’atterrir en terre danoise.  A Blaavands Huk (Blåvandshuk), sur une plage de sable bordé de dunes. Le L4 volant déjà bas, lorsqu’un courant descendant vient plaquer d’un coup le dirigeable en mer.  La nacelle avant est défoncée, les boiseries fracassées, les poutrelles déformées. Les hommes se jettent à la mer. C’est le sauve qui peut général. Fort heureusement le dirigeable avait presque attient la plage, l’eau est peu profonde et recouverte d’une légère couche de glace qui cède sous le poids des hommes. Mais la plage est là a quelques mètre. Alors, on s’entre aide, certains se débarrassent  de leurs lourdes combinaisons pour mieux se déplacer, un homme à une jambe cassé, mais il parviendra à atteindre la plage avec l’un de ses camarades.
Mais les hommes n’ont pas atteint la plage que le dirigeable, allégé du poids des hommes évacués,  reprend de l’altitude.  Horreurs sur la plage ils ne sont que douze  sur la plage. Quatre mécaniciens n’ont pu évacuer. Ils étaient encore à bord dans la nacelle arrière. Dans la panique, les hommes de nacelle avant n’ont pas purgé les ballonnets d’hydrogène.  Le dirigeable trop léger à rapidement reprise de l’altitude, Très rapidement il est déjà à plus d’une centaine de mètre est semble tourné autour des la plage dans un ultime adieu. De cette hauteur les quatre mécaniciens ne peuvent sauter. Ils disparaitront en mer avec le L4 sans laisser de trace.
C’est 4 hommes sont les premier mort d’une longue liste que comptera la division naval des dirigeable au cours de cette guerre.  Le reste de l’équipage (11 hommes) sera capturé par les gendarmes danois. Quant à Magnus von Platen, il s'echapera le 19 décembre 1917, et rejoindra la division allemande en Baltique, et le coprs expeditionaire en qui débarquera en Finlande en Avril 1918.


Afficher 17 février 1915 sur une carte plus grande

En bleu le plan de vol du L4, en jaune celui du L3

 

Amiral Scheer ne rendit pas Strasser responsable, au contraire, il le dédouana. (Difficile de le critiquer alors que Strasser avait ouvertement parler de ses doutes la veille encore)  Il dira plus tard en parlant de Strasser.
« Il était particulièrement doué pour  estimer les  conditions météorologiques. Il avait un fort instinct,  presque prophétique du temps. Nombreux doivent le remercier dans leur fort intérieur, pour les avoir interdit de vol, alors même que les conditions météorologique semblaient  favorable. Pourtant invariablement les conditions changeaient et aurais certainement mis en danger le dirigeable, et rendu tout espoir de retour impossible »
La perte du L3 et du L4 coûta  chère à la marine, mais c’est surtout la perte des équipages qui chagrina le plus Strasser. Mais cette mésaventure fut un nouvel enseignement. En météorologie  et d’un point de vue opérationnel. Strasser, qui avait pressenti le danger pensait  qu’en confiant cette mission  à ses meilleurs équipage pouvoir vaincre les conditions météorologique.  Hors ceux-ci suite à des pannes multiples se retrouvèrent vite piégés et dans l’incapacité de rentrer. La nature avait vaincu la technologie.   En attendant la prochaine génération de zeppelin équipé de quatre moteurs (plus puissante et plus sûr),  les dirigeables de type « m » (à  trois moteurs) seront dès lors rarement engagés dans le détroit de Skagerrak .

 

sources :

http://www.rafcommands.com/forum/showthread.php?2935-Zeppelin-L4-Kaisermarine