SPIESS : L'unique dirigeable rigide de conception française

SPIESS


L'unique dirigeable rigide de conception française

posted 20/06/2010

UPDATE 14/01/2015


L'esprit de revanche

Joseph Spiess est né à Mulhouse en 1839 (france), il participera à la guerre de 1870-1871 contre la Prusse et obtiendra même la médaille militaire. Après la guerre, voyant l'agglomération de l'Alsace-Loraine sous le giron de la nouvelle allemagne. Speiss préfère rester en france.

C'est en 1873 qu'il commence à imaginer et à concevoir un dirigeable avec une structure rigide (brevet déposé la même année), dans laquelle des ballons seront liés entre eux. Cette structure devra également soutenir le groupe moteur et l'équipage du dirigeable. Ce principe est donc antérieur aux théories du comte Zeppelin (datant de 1895), mais il faudra attendre plus de 30 ans pour voir un seul dirigeable Spiess voler.

C'est à la suite de la destruction du "Lebaudy République" en septembre 1909 que Speiss offre ses services au gouvernement français pour construire un nouveau dirigeable suivant son concept de dirigeable rigide.

dirigeable republique
Démontage du "République" en septembre 1909

S'ensuit alors de long avant projet. On prévoit tout d'abord un dirigeable d'un volume de 7000m3, puis 9000m3 et 10 000 m3. Pour ce qui est de la motorisation on prévoit tout d'abord un unique moteur de 200 ch. Puis on passe à deux moteur de 175 ch. offrant un gain 150 ch. Ce choix, s'il augmente la puissance motrice, augmente également considérablement le poids du dirigeable, car ce n'est pas juste un moteur que l'on rajoute, c'est aussi les réservoirs, la distribution, le système de transmission et toute la superstructure qui va avec. Cette augmentation de poids impose d'augmenter la force ascensionnelle du dirigeable : et l'un des moyens pour est parvenir est d'augmenter (une fois de plus) son volume d' hydrogène. Le dirigeable passe donc d'un volume de 10 000 à 11 000 m3. Notons toutefois que l'ajout d'un moteur est loin d'être totalement pénalisant pour le Spiess. En ses début de de siecle les moteurs été loin d'avoir la fiabilité de ceux d'aujourd'hui. Aumenter le nombre de moteur était source de sécurité.

Si Spiess est un concepteur génial, avant de commencer la construction du dirigeable, l' étude de faisabilité, et sa construction sont laissé sous la responsabilité de la société Zodiac (sous la direction de Maurice Mallet).

Zodiac

 

Une succession de retards

En 1909, la France n'a aucune connaissance dans le domaine des grand dirigeables rigides, elle manque également de structure pour concevoir et monter le dirigeable. Aucun hangar proche de Paris n'existe, ni pour monter, ni pour abriter un dirigeable de plus de 100m. Il faudra attendre le premier trimestre de 1911 pour voir le hangar de St Cyr enfin achevé et près à accueillir le nouveau dirigeable.

Quant à la conception elle même du dirigeable, après avoir écarter le bambou et l' aluminium, c'est une armature en bois creux à section carré (formé autour de planche de sapin visés et collé) qui sera choisi. La construction de la structure commence. Les délais sont respecté. Mais à la fin de l'année 1911, on constate que les deux moteurs Chenu livrés sont trop lourd, dépassant largement le cahier des charges. Ils sont donc refusés et de nouveau moteurs sont commandés, mais il faudra attendre août 1912 pour voir leurs livraison. Pour ne pas perdre plus de temps, les ballonets sont fabriques et stockés en attendant l'arrivé des moteurs.

structure du dirigeable Spiess

Novembre 1912 le gonflage et le test de résistance des ballonnets se passe bien. Il en va de même pour les moteur testés sur banc fixe. Après tout les retards on peut enfin planifier un premier vol pour l'année 1913.

Le 30 avril 1913 le dirigeable prend son envol, avec une longueur de 113m c'est le plus grand dirigeable français. Malgré sa taille imposante, on constate que la force ascensionnelle est insuffisante, se qui est contraire à tout les calculs fait. Très vite on en découvre, avec stupeur, que le problème provient du manque d'étanchéité des 14 ballonnets. Stockés durant près de deux ans dans de mauvaises conditions, ils sont devenu poreux et leur remplacement s'impose.

A cette occasion Spiess décide l'abandon pure est simple des ballonnets en tissu verni pour une solution en étoffe caoutchoutée. Leur nombres passe de 14 à 17, prolongeant ainsi le dirigeable de 3 nouvelle section. Le nouveau dirigeable atteint alors les 140 m de long pour un volume de 16200 m 3. C'est dans cette configuration qu'il décoléra en novembre 1913.

spiess

 

Un dirigeable sans affectation.

Le Spiess participera au manoeuvre de 1914, sans faire d'émule dans le camps des généraux car son potentiel militaire est quasiment nul, est aucune doctrine militaire autre que l'observation semble être prévus pour lui. Dès le début du conflit la France abandonne très vite l' idée d'utilisé ses dirigeables sur le front, même si quelques tentatives ont eut lieux en septembre 1914. ( voir revue Icare n°193, 195, 197, 199 et 201 http://www.revue-icare.com/)

Enfin de compte le Spiess, contrairement à ses homologues allemands, n'a pas sa place dans l'arsenal français. Unique prototype en son genre, sont développement entraînerait des frais bien trop déraisonnable pour de bien piètre résultat.
Dans quel rôle l'utiliser, la reconnaissance, l'avion commence déjà a démontrer ses capacités. Trop lent et volant à une altitude trop basse, le Spiess, aurait été une cible de choix pour la D.C.A. allemande (comme française, car tout dirigeable, est alors forcement pour les fantassins français, un zeppelin allemand).
Pour la reconnaissance maritime à long rayon d'action, les performances de Speiss semblent insuffisante. La Marine Nationale ne semble pas avoir portée les yeux sur les projet de Speiss. Paradoxalement il faudra à la marine française attendre la fin de la guerre pour obtenir un véritable dirigeable à long rayon d'action : et ironie de l'histoire il sera de conception allemande. (Le Dixmude est effectivement l'anciennement le L72 de la marine allemande remis à la France après la guerre).

Le Spiess va donc attendre l'année 1915 pour être démonté et mis au rebut. Quant à sont concepteur, Joseph Speiss, il ne vivra pas assez longtemps pour voir Mulhouse, sa ville natale, de nouveau française. Il s' éteindra à Paris le 1er avril 1917(sa tombe est encore visible au Pére-Lachaise). Mais à ce moment la peut être savait t'il déjà que si en France les dirigeables était condamné depuis longtemps, les zeppelins allemands ne tarderaient pas à le suivre.
Ainsi s' achève l'histoire de l'unique dirigeable rigide construit en France.

4 photos du dirigeable française Spiess

sources : D'Orcy's Airship Manual - L. D'Orcy (Century, 1917) (BBS).pdf

 

Sources :

http://dirigeables.free.fr/Spiess.htm
http://www.appl-lachaise.net/appl/article.php3?id_article=935
http://www.revue-icare.com/
http://www.flightglobal.com/pdfarchive/view/1909/1909%20-%200611.html

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=kgieXH6pEXg

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