Croisière africaine du zeppelin L59 Document sans titre

Croisière africaine du L59

1. Le monde rentre en guerre

Au moment où se noue la crise de l'été 1914, l'extension des empires coloniaux est à son apogée. Les zones d’influences contrôlées, et les territoires conquis par les Européens au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et des premières années du XXe, fait qu'un conflit survenant au " centre " (c’est à dire en Europe) et opposant les principales puissances du vieux continent a toute les chances de gagner rapidement la " périphérie " du système international.
Il y a plusieurs raison à cela. D'abord les belligérants se trouvent dès le départ face à face en un certain nombre de points, comme c’est le cas en Afrique, ou les colonies allemandes sont voisines de colonies françaises ou britanniques. De plus si la guerre est courte (comme l’imagine  la plus part des dirigeants et des états majors) il est urgent de mettre la main sur les possessions de l’adversaire avant la fin de l’hostilité. Si l’idée d’un blocus est déjà à l’étude, il faudra plusieurs mois, voire des années pour qu’il puisse être mis en place de manière efficace.  Or il suffit de faire le blocus de l’Allemagne pour paralyser les colonies. Si elles peuvent fournir des matières premières indispensables à l’Allemagne, elles sont loin de pouvoir les transformer sur place. Enfin les navires de commerce allemands, privés de ravitaillement seront rapidement neutralisé. Techniquement il suffit de quelques navires de guerre alliés pour bloquer les ports des colonies allemandes.

En 1914, les colonies étaient fortement militarisées. Les allemands comme les français pouvaient compter sur les métropolitains mais également sur les troupes d’origines africaines. Les Britanniques pouvaient compter par exemple sur des troupes indiennes mais également sur les Dominions comme par exemple l’Afrique Du Sud face à la colonie de l’Afrique du  Sud-Ouest (actuel Namibie). Mais également sur les australiens et les neo-zelandais dans le pacifique.


carte : colonies allemandes en Afrique 1914

Afrique : colonies allemande 1914.


En matière de puissance navale et de présence outre-mer, l'Allemagne ne pouvait espérer rivaliser avec les pays de l'Entente. Certes, depuis la retraite forcée de Bismarck, le Reich wilhelmien a considérablement accru son influence hors du promontoire européen. Sous l'impulsion de Tirpitz, il s'est doté d'une flotte de guerre ultramoderne, dont les progrès n'ont cessé d'irriter les dirigeants britanniques (non sans provocation de la part de Guillaume II) et s'est taillé, aux dépens de ses concurrents occidentaux, des zones de pénétration économique d'un intérêt considérable en Chine, en Amérique latine et dans le Proche-Orient ottoman. Il a même un peu agrandi l'héritage colonial que le chancelier de fer avait fini par constituer. Bref, la Weltpolitik de Guillaume II a été un succès dont les Allemands peuvent être fiers. Pourtant, face aux deux superpuissances impériales qui se partagent le tiers des terres émergées, sans parler de leurs alliés (Russes, Belges, et plus tard Italiens), de quel poids sont les quelques territoires dispersés qu'ils occupent en Afrique et en Océanie ? Et quelle chance ont les escadres allemandes et austro-hongroises de vaincre en haute mer les flottes, deux fois plus nombreuses, du Royaume-Uni et de la France ? Notons que l’Autriche-Hongrie soufre d’une position désavantageuse de son unique grande base navale de  Pola face aux côtes italiennes enfermé dans l'Adriatique par le détroit d'Otrante.

La réponse à ces deux questions ne s'est pas fait attendre bien longtemps. Dès les premiers jours de la guerre, Guillaume Il a décidé de maintenir dans leurs bases ses navires de haute mer, imité par les responsables militaires austro-hongrois, conscients, comme le Kaiser, du rapport des forces navales. Jusqu'au début de la guerre sous-marine, les Alliés vont donc avoir la tâche facile pour mettre en place le dispositif de blocus destiné à asphyxier les puissances centrales. Seuls quelques croiseurs, dispersés dans les mers lointaines, vont, pendant plusieurs mois, tenter de troubler la navigation commerciale, avec pour seule alternative finale d'être coulés ou forcé de se réfugier dans un port neutre jusqu'à la fin des hostilités. De cette guerre de course, menée avec beaucoup de courage par les équipages allemands (celui du Karlsruhe, dans l'Atlantique sud, du Konigsberg , dans l'océan Indien, etc.), les principaux épisodes sont les deux batailles que l'escadre de l'amiral von Spee livre aux navires britanniques les 1er novembre et 8 décembre 1914. La première est une victoire, remportée large du Coronel, sur la côte chilienne. La seconde, engagée près des îles Falkland, tourne au désastre. La destruction du Dresden, en mars 1915, marque la disparition du dernier navire de guerre surface battant pavillon allemand (de l'Escadre d'Extrême-Orient de von Spee).

 
Ainsi coupées de la métropole, colonies allemandes d’Afrique paraissent vouées à une liquidation rapide. Or les choses ne vont pas se passer aussi facilement, sauf au Togo, occupé par les troupes Franco-Britanniques dès l'automne 1914. Il faudra beaucoup plus de temps pour conquérir le Cameroun. Pire encore, dans le Sud Ouest africain, ce sont les Allemands qui prennent l'initiative en favorisant révolte du colonel Saint-Moritz, un chef boer, à qui le règlement de comptes entre puissances coloniales parait offrir l'opportunité d'une revanche contre les Anglais. C'est seulement en juillet l915 que les troupes sud-africaines des généraux Smuts et Botha viendront à bout des soldats du colonel allemand Seitz.

Louis Botha et Jan Smuts en 1917

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_allemand

zeppelin L59 : croisiére africaine

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  • Croisière africaine du L59
  1. Les colonies allemandes
  2. L'Afrique Orientale Allemande
  3. Un zeppelin pour l'Afrique
  4. Début difficile
  5. Départ pour l'Afrique
  6. Vol au dessus du désert
  7. Rumeurs et Fausses nouvelles
  8. Retour à jumboli
  9. La guerre continue

 

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